Les candidats à la construction et à la gestion du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont jusqu'à la fin du mois d'octobre pour se faire connaître. Quatre groupes sont déjà sur les rangs (lire nos éditions d'hier) : Bouygues, Veolia, Vinci, SNC Lavalin.
Aujourd'hui, un élément supplémentaire s'ajoute au projet aéroportuaire proprement dit : celui de la desserte ferroviaire. Non que ce dossier ait été occulté jusqu'à présent. Mais le voilà propulsé sur le haut de la pile par la position tranchée prise avant-hier par les collectivités territoriales du syndicat mixte d'études de l'aéroport : Régions Pays de la Loire et Bretagne, Département de Loire-Atlantique, Nantes Métropole...
Condition sine qua non
« Nous avons signifié que les réserves foncières pour le positionnement de voies nouvelles sur l'axe Nantes-Rennes et la construction d'une gare devront figurer dans le cahier des charges de l'opérateur. Ceci dès le début de la concession », explique Jacques Auxiette, le président du conseil régional des Pays de la Loire.
Le message s'adresse au futur concessionnaire tout autant qu'à l'État, maître d'ouvrage de l'opération.
Jacques Auxiette ajoute d'ailleurs : « les collectivités territoriales ne participeront au financement de l'aéroport qu'à cette condition ».
Sans le ferroviaire du futur, point d'aéroport.
D'abord le train-tram
Chronologiquement les choses se présentent donc ainsi :
Selon le calendrier actuel, l'aéroport devrait entrer en service en 2015.
Il serait alors desservi en direction de Nantes via un train-tram venant se raccorder à la ligne Nantes-Châteaubriant. L'ouverture de la section Nantes-Nort-sur-Erdre reste programmée pour 2010, Nort-Châteaubriant pour 2012, même si une année de retard n'est pas à exclure.
À Notre-Dame-des-Landes, un terminal accueillera ce train-tram. Sans doute en surface.
Comme à Roissy
La gare que réclament les collectivités territoriales s'inscrit dans une autre perspective et un autre calendrier. Les échéances se situent là plutôt entre 2025 et 2030.
Cette gare sera souterraine, comme à Roissy. Et outre le train-tram, elle verra transiter des navettes rapides en provenance de Rennes et de Nantes (en dessous d'une demi-heure de trajet dans les deux cas).
Sous les pistes
Les voies nouvelles passeront sous les pistes de l'aéroport. La gare souterraine elle-même sera toute proche. C'est pourquoi les collectivités territoriales demandent la prise en compte dès à présent des réserves foncières et des contraintes techniques liés à leur réalisation. Mieux vaut, estiment-elles, intégrer ces futurs et lourds aménagements ferroviaires avant les premiers coups de pioche du chantier de l'aéroport. « Une exigence de bons sens », estiment-elles
Jean-Philippe Lucas