L'île de Nantes, un quartier en pleine évolution
T
outes les grandes villes internationales se tournent vers leur façade maritime ou fluviale. C'est la multiplication des « water fronts » qui donne une attractivité nouvelle aux villes qui en bénéficient ».
En faisant part de son approbation au projet de barge flottante soutenu par le concepteur Olivier Flahault, Jean-Marc Ayrault confirme tout l'intérêt qu'il porte à l'atout maître de Nantes, son fleuve. Et il le rappelle en préambule : « On a vu l'attrait des Nantais pour la Loire lors des dernières manifestations. Que ce soit pour Estuaire, les Rencontres du fleuve ou encore le baptême de Banque Populaire V... ».
« Quartier en devenir »
La barge flottante, selon lui, « s'intègre dans ce véritable quartier de ville en devenir. Dans ces conditions désormais réunies, le meilleur emplacement possible pour accueillir ce projet de bâtiment flottant, sur la Loire, est le site des Chantiers. La proposition de l'architecte Flahault a toute sa place dans cette réflexion urbaine d'ensemble ».
Les opposants sous le coup
Les remous provoqués par les opposants à cette innovation n'ont donc pas suffi.
Jean Relet, l'un des opposants, ne cachait pas son amertume hier : « Cela fait comme un coup de massue. Même si on s'y attendait, cela fait mal ! ». L'homme voit dans l'approbation du maire « une trahison. On déroule le tapis rouge aux riches. C'est une erreur politique ».
Les opposants ne désarment pas. Ils ont prévu de se réunir dès le début de semaine pour faire le point.
Jean-Marc Ayrault estime pour sa part que « même si la ville n'avait pas d'autorisation formelle à donner au projet Flahault, elle se devait de rendre un avis favorable ».
Avant de se prononcer, et à la demande du promoteur, les élus ont malgré tout rencontré tous les interlocuteurs concernés (publics, associatifs, privés). Jean-Marc Ayrault dit avoir également demandé des expertises complémentaires au Port autonome, aux services de Nantes Métropole et à la Samoa afin de n'exclure aucune piste sérieuse.
Accessible au public
Après avoir entendu les avis des uns et des autres, il a été demandé à l'architecte de revoir son projet sur deux aspects.
« Le pont supérieur de la barge sera un espace public librement ouvert à toutes celles et ceux qui souhaiteront profiter de la vue offerte sur la ville. Le ponton dédié à ce projet de barge flottante situé à proximitéde l'autre ponton dit « des Chantiers », pourra être utilisé pour l'organisation d'évènements sur la Loire ».
La barge flottante d'Olivier Flahault pourrait être achevée dès la fin 2009, au plus tard début 2010. L'exploitation de cet équipement d'animation devrait créer environ soixante emplois.
Cédric Blondeel
Après de nombreuses années passées à la tête de la culture à Nantes, vous avez changé d'attribution sur ce mandat ?
« Dix-neuf ans à la culture, ça commençait à faire beaucoup. Mais je n'ai pas abandonné complètement le secteur culturel, car je reste président de Nantes-Angers Opéra et de la SEM Folle Journée. Ce sont deux dossiers complexes pour lesquels j'avais préconisé des solutions de longue haleine. Mais je crois qu'à un moment, il faut savoir changer. Et c'est venu d'un commun accord avec Jean-Marc Ayrault ».
Trois mandats, cela doit marquer ?
« Le premier a été particulièrement éprouvant, car j'étais à la tête de la culture et du personnel. Et comme je continuais à enseigner, j'ai vraiment eu un agenda extrêmement chargé. Heureusement que j'étais en grande forme. Dans le second, concentré sur la culture, j'ai essayé de mettre sur les rails beaucoup de grands projets. Enfin, dans le troisième, la plus grande réalisation a été le château. Sans oublier de faire tourner les choses en place ».
Une armature culturelle solide
Votre bilan vous satisfait-il ?
« J'ai l'impression d'avoir donné, pas personnellement, mais avec les équipes en place, une armature culturelle solide et assez équilibrée entre les grands établissements et le travail de proximité à Nantes ».
Est-ce que vous chapeautez votre successeur ?
« Pas du tout, Jean-Louis (Jossic) est totalement libre, je n'interfère en rien sur son travail. Vraiment ! ».
Quand avez-vous envisagé ce nouveau poste ?
« On en a parlé avec Jean-Marc Ayrault le 14juillet 2007, et on est parti sur l'enseignement supérieur et la recherche, sans doute aussi parce que c'est une profession que je connaissais ».
L'Université de la réussite
Quels vont êtrevos nouveaux défis, dans un secteur qui n'en manque pas ?
« Ils sont au nombre de trois. Le premier concerne la mise en valeur de l'université, le second de placer au premier plan la recherche métropolitaine et enfin de développer la société de la connaissance ».
Revenons d'abordsur le sujet de l'université, même si elle est liée à d'autres projets comme celui de l'île de Nantes ?
« Je souhaite accompagner l'université de Nantes, parce qu'elle a un chemin encore difficile à parcourir. C'est une université prometteuse, selon les critères gouvernementaux, mais qui mérite de devenir talentueuse. Il y a beaucoup de talents à l'université, tant chez les enseignants que chez les chercheurs. Il faut donc la mettre en valeur ».
À travers quelles pistes ?
« Il faut d'abord concevoir l'université de la réussite via un encadrement renforcé des étudiants du premier cycle et la formation continue. Il ne faut pas hésiter à réorienter des étudiants vers des cycles courts si les longs ne sont pas adaptés. Il est impensable de lâcher des étudiants dans la nature, de les abandonner... mais il est normal que l'université sélectionne et elle le fait autant que les grandes écoles sur le long terme. Je suis donc un farouche partisan pour conserver l'ouverture maximale... en offrant une multiplicité de voies et de parcours ».
Mais pour cela, il faudra fédérer les différents pôles existants ?
« Je suis pour favoriser le partenariat sur le site nantais, pour fédérer, tisser des liens et présenter un domaine universitaire pluridisciplinaire. On a les qualités mais elles ne sont pas connues. Si on prend l'exemple anglo-saxon, qui mêle université et grandes écoles, Nantes possède de sérieux atouts avec l'université, Audencia, Veto, Enitiia, l'école des MIN, l'Ecole Centrale... Il faut simplement jeter des ponts entre les différents acteurs pour rendre l'offre nantaise attrayante. Je n'oublie pas, non plus, le domaine artistique ou créatif, ni l'école de la marine marchande et le secteur maritime en général à qui l'université peut offrir un véritable avenir ».
Partenariats multiples
Nantes peut-elle réussir seule ?
« Sans doute pas, surtout en ce qui concerne le pôle de recherche et d'enseignement supérieur, qui est d'ordre régional et qui mérite même d'être interrégional avec un véritable travail entre Nantes, Angers et Rennes. Si l'on relie les trois, on sera costauds ».
Votre deuxième axe de travail concerne la recherche ?
« Oui, pour placer au premier plan la recherche métropolitaine, à travers un axe Nantes - Saint-Nazaire - La Roche-sur-Yon. Je souhaite pousser encore plus la recherche publique autour de l'université, du CHU et des grandes écoles. Chacun dans son domaine doit se développer et ce, dans tous les domaines. Les nouveaux bâtiments construits à Saupin vont dans ce sens, mais je n'oublie pas la chimie moléculaire, la planétologie ni même la recherche dans le domaine littéraire... ».
La recherche se limite donc au secteur public ?
« Non, car je ne néglige surtout pas la recherche privée. Au contraire même, surtout qu'elle est notoirement insuffisante dans les Pays de la Loire. Et je pense que des entreprises privées doivent prévoir des dépenses pour la recherche et l'innovation ».
La recherche, tout le monde en parle, mais on ne la connaît pas trop ?
« Très certainement par manque de communication. Dans la cité, les chercheurs doivent occuper une place aussi importante, voire plus, que les footballeurs par exemple. Or, c'est loin d'être le cas aujourd'hui. On ne parle pas assez des individus et de leurs laboratoires, alors qu'ils représentent, sans doute, notre avenir ».
Tout cela demande aussi de l'espace ?
« De l'espace, on va leur en donner ainsi que de la reconnaissance ».
Le « cluster » de la halle Alsthom
Vous avez parlé de la société de la connaissance. Cela sonne bien, mais que voulez-vous dire ?
« Il faut d'abord que la connaissance soit diffusée le plus largement possible dans la société d'où l'idée du grand projet de la cité des Arts et des Sciences. Il faut un lieu d'exposition, l'université permanente, un lieu de débats sur les grands sujets que ce soit en science, en technique ou en environnement... ».
C'est le fameux projet H5 du hangar Alsthom sur l'île de Nantes ?
« Oui, un lieu d'environ 2000m2 où on va faire se croiser toute sorte de gens. Mais Jean-Marc Ayrault dévoilera bientôt ce projet ».
On évoque souvent le nom de « cluster » pour ce projet ?
« Un cluster, c'est tout simplement un réseau. Donc autour de cette cité des Arts, on aura un cluster de biotechnologie, avec les médecins, le CHU, les professeurs, les chercheurs... On souhaite qu'il y ait un deuxième pôle communication, avec Presse-Océan, les télévisions, les radios et Ouest-France. Un troisième cluster touchera les industries créatives avec l'école d'architecture, les Beaux-Arts, l'immeuble Coupechoux, la Fabrique et une multitude de petites entreprises qui gravitent autour des arts graphiques et numériques ».
La Fabrique, qui sera située près des nefs, représente quoi exactement ?
« On y retrouvera une salle de 1200 places, une autre de 400, des salles d'expérimentation, des laboratoires et des studios de travail, le tout lié à l'image et aux sons ».
C'est donc un projet phare pour vous ?
« Oui, car son installation va demander un mandat ou presque. Mais c'est ce type de projets qui continuent à donner une dynamique à Nantes. Cela montre que la machine continue, qu'elle est toujours en progression. Et avec ces projets, on veut vraiment installer la connaissance comme moteur principal du développement de la société. Mais cela montre aussi que j'ai du pain sur la planche ».
Propos recueillispar Philippe Corbou
Lancé en 2002, le projet île de Nantes prévoit la construction de 7 500 nouveaux logements sur 20 ans. À ce jour, près de 2 300 logements sont déjà engagés : 860 sont achevés, 760 en chantier, le permis est délivré ou en cours d’instruction ou en préparation pour 660.
« Les opérateurs privés adaptent leurs stratégies aux conditions du marché. Nous n’avons pas d’opérations en jachère. Nous ne sommes pas à l’abri, les promoteurs vont devoir faire des choix. Mais pour l’instant, il n’y a pas de coup de frein brutal », souligne Laurent Théry, directeur général de la Samoa, la Société d’économie mixte chargée de piloter l’aménagement de l’île de Nantes.
À l’Est, du nouveau
L’opération « Quai », quai François-Mitterrand, en cours de réalisation (122 logements dont 31 en locatif social) a été totalement commercialisée. Livraison prévue en février 2009. Le chantier des « Terrasses de l’île » (31 appartements rue de la Tour d’Auvergne), vient de débuter. Livraison pour octobre 2009.
Parallèlement, on découvre les premières images de synthèse des futurs immeubles prévus pour un total de 320 logements sur les derniers terrains disponibles à la pointe Est de l’île, côté Beaulieu, qui devait initialement accueillir la nouvelle gendarmerie.
Un canal sous le Tripode
Côté Beaulieu toujours, les 8 300 m2 de bureaux destinés à l’Unedic, ainsi que la résidence d’accueil pour jeunes actifs (137 studios) sont sortis de terre sur l’îlot B du Tripode.
Sur l’îlot A, le coup d’envoi de l’énorme chantier de construction du nouveau quartier conçu par Christian de Portzamparc pour Nexity-AXA sera donné cet automne : 20 000 m2 de bureaux, 11 000 m2 de logements, deux résidences hôtelières et des commerces dont un Castorama de 6 000 m2, vont voir le jour d’ici 3 ans. Le « canal » de 350 m de long qui traversera le nouvel ensemble est d’ores et déjà creusé.
Stand-by place François II
En revanche, on attend encore le feu vert des promoteurs pour certaines opérations, comme celle du Monte Cristo, place François II (47 appartements), visiblement bloquée. « L’opération qui n’est pas encore enclenchée connaîtra probablement des évolutions » indique Laurent Théry.
On attend également la finalisation du projet d’immeuble baptisé « One Moswo » qui doit accueillir une agence de communication et un cabinet de conseil juridique, à proximité de la future Maison
de l’avocat, ou encore celui du pôle médias par le promoteur rennais Giboire.
Éric Cabanas
Les projets du futur « quartier de la création » sur l’ancien site d’Alstom de l’île de Nantes, préfigurent le pôle d’excellence arts et culture autour des activités créatives.
Il s’agit de réunir les acteurs dans le domaine de la culture, des arts et des médias dans un principe proche de celui des pôles de compétitivité, autour des acteurs de l’enseignement, de la recherche et du tissu d’entreprises. Dans un premier temps ce projet s’appuie sur le transfert sur le site de l’école des beaux-arts. Mais on retrouvera également l’implantation du siège social du groupe de design Coupechoux dessiné par le cabinet Tetrarc (livraison été 2009), le projet de pôle médias mené par le Rennais Giboire, du pôle des arts graphiques regroupant l’école des métiers de l’imprimerie et la section arts appliqués du lycée de la Joliverie (début des travaux janvier 2009) ou encore l’immeuble « One Moswo » (livraison prévue en 2010) qui accueillera une agence de communication et un cabinet de conseil juridique.
Le groupe Coupechoux-Colin, spécialiste de l’agencement, le design de bureaux, de magasins ou d’appartements installera son nouveau siège sur l’île de Nantes.
Actuellement installé à Saint-Herblain, près de la zone Atlantis, le groupe de Patrice Coupechoux joue la carte de l’architecture sur un site emblématique de l’évolution de Nantes. Signé par le cabinet nantais Tetrarc, qui s’y installera également, le bâtiment développant une surface de 4 000 m2 joue délibérément la carte de la créativité. Le geste architectural est fort avec un habillage en forme de nid.
Depuis la réalisation du palais de justice par Jean Nouvel sur l’île de Nantes, on attendait un peu d’audace architecturale, elle est menée ici par un promoteur privé.
Le permis de construire a été accordé. La livraison de l’ensemble est prévue selon la Samoa pour l’été 2009.
Les halles 9 et 10 du site Alstom sur l’île de Nantes, démolies en avril dernier, vont laisser la place à un imposant parking-silo de 990 places de stationnement : 620 seront accessibles au public et 370 attribuées au groupe Brémond, promoteur du parking et de l’immeuble de bureau Insula qu’il a réalisé sur le site. Cet ensemble dessiné par les architectes Barto & Barto et Besseau-Micheneau, comprendra également 70 emplacements pour les vélos et une trentaine pour les motos. « Cette offre de parking devenait indispensable à ce nouveau quartier de l’île de Nantes » précise-t-on à la Samoa. Ce parking-silo, le plus grand de l’agglomération, sera organisé en deux bâtiments de sept niveaux, perpendiculaires au boulevard Léon-Bureau. Le rez-de-chaussée accueillera des locaux d’activité le long de la rue Arthur III. Des déambulations piétonnes sont prévues sur chaque niveau « comme autant de balcons ouverts sur la ville ». Livraison prévue dans un an.
Deux nouveaux ponts sur la Loire, entre le quartier Beaulieu et Malakoff d’une part et Beaulieu et Saint-Sébastien-sur-Loire d’autre part, sont en cours de construction. Leur livraison doit intervenir en 2010. La Samoa travaille avec l’Atelier de l’île de Nantes au projet d’aménagement des espaces publics qui y sont liés.
Une importante opération de logements doit être lancée au nord du quartier Beaulieu, au débouché du futur franchissement du bras de la Madeleine, en accompagnement de la création d’un nouveau boulevard.
Sur un terrain acquis initialement par la gendarmerie, cinq projets immobiliers menés de paire permettront d’offrir 320 nouveaux logements en accession et en locatif (148 en locatif social), dans ce quartier tout proche de l’hôtel de région. Les promoteurs SNI, Samo et Icade Capri se partagent ce terrain.
D'ici vingt ans, le CHU va être transféré sur l'île de Nantes. L'hôpital Laënnec puis l'Hôtel-Dieu seront fermés. À terme, il ne restera que deux sites : l'île de Nantes et Saint-Jacques. C'est le projet du directeur général Daniel Moinard sur lequel les instances paritaires du CHU se prononceront avant lundi soir.
Des questions se posent. Par exemple au sujet des terrains. Dans un courrier à Daniel Moinard daté du 13 juin dernier, Jean-Marc Ayrault souligne : « En tant que maire de Nantes, président de la communauté urbaine et président du conseil d'administration du CHU de Nantes, je prends l'engagement de faire en sorte que les terrains nécessaires soient réservés sur l'île de Nantes afin de permettre la constitution d'un campus hospitalo-universitaire de premier plan. » Les terrains du MIN sont pressentis. Mais la ville ne bousculera pas les choses.
Le MIN est géré par une société d'économie mixte dans laquelle interviennent notamment le conseil général, Nantes métropole et la Caisse des dépôts. Hier, le président du Conseil général Patrick Mareschal a souligné que ledit conseil n'était « pas indifférent aux enjeux d'aménagement du territoire de la communauté urbaine. » Des accords seront nécessaires.
La ligne 5 d'est en ouest
Autre question : comment se fera l'accès au futur CHU ? Une ligne 5 de tramway devrait être créée. Toujours dans le courrier du maire au directeur général du CHU, Jean-Marc Ayrault confirme « la réalisation d'un tramway », qu'il avait annoncée en 2007. La ligne 5 franchirait l'île de Nantes d'est en ouest. Mais « le projet n'en est qu'à l'étude, il n'y a pas de calendrier », souligne Nantes métropole.
Il s'agira ensuite de dire où et comment la ligne franchira la Loire à la sortie pour rejoindre, ce qui est probable, la ligne 1 existante.
Enfin, quand le CHU aura quitté l'Hôtel-Dieu, il libérera une formidable emprise au sol, propice à tous les projets urbanistiques pour modeler cette partie du centre-ville de demain.
F.T. avec E.C.
Façade ocre où sont gravées les lettres des chantiers et ateliers de Nantes, l'ancien site Dubigeon. Pas sûr que beaucoup sachent que l'université y loue deux étages à la ville de Nantes. Que la formation continue occupe 2 000 m2 au deuxième et l'université permanente, autrefois du temps libre, 1 600 m2 au troisième. Autour, les travaux entamés il y a trois ans s'achèveront en 2009. Au bout des jardins, il y aura une plage.
Formation continue : une soixantaine de diplômes
Dire tout ce que prépare la formation continue reviendrait à lister la soixantaine de diplômes dans dix-huit spécialités de l'université : lettres, sciences, médecine, droit... « Les cours ont lieu ici ou dans les UFR », indique Patrick Morand, directeur adjoint. Militant de « la promotion supérieure du travail », il insiste sur l'acquisition de l'équivalence au bac à partir du niveau brevet des collèges après un à quatre ans grâce au Daeu (diplôme d'accès aux études universitaires). « Nous formons des esprits capables de s'adapter à des contextes variés et à la mobilité », dit-il. La formation tout au long de la vie prend ici tout son sens.
« Les formations auprès de 5 000 inscrits sont dispensées d'une demi-journée par mois pendant trois ans à trois jours par mois pendant un an. Tout est possible », précise l'université. Pour informer, le service vise les entreprises, les centres d'orientation et utilise le site Internet de l'université. Outre les diplômes d'État, licences et masters, la formation continue s'est spécialisée dans les diplômes d'université (DU) pour professionnels de la santé. Et prépare des diplômes pour des stagiaires de 120 pays, par Internet ou CD-Rom.
Université permanente : pas besoin de pub
Créée en 1975, l'université permanente accueille 7 500 personnes aux conférences annuelles, 200 à Nantes et une centaine dans neuf antennes de Loire-Atlantique. On accède aux savoirs de tous les champs de la connaissance grâce à une adhésion de 46 €. Les conférences ont lieu en journée : lundi artistique, mardi littéraire, mercredi citoyen (questions de société), jeudi académique (philosophie, histoire...) et vendredi scientifique et médical. Des cours ont également lieu en journée ou le soir (tarifs variables) : chinois, grec, histoire de l'art, solfège ou pratique instrumentale, connaissance de l'Estuaire...
« L'université permanente ne peut satisfaire toutes les demandes et ne recherche aucune publicité. Par le bouche à oreille, ses effectifs augmentent de 4 à 5 % par an », raconte Georges Fargeas, son directeur. Mais elle risque de subir les conséquences du transfert des parkings de l'autre côté du boulevard Léon Bureau, où ce sera payant. Une pétition a recueilli 1 500 signatures. « Des gens m'ont déjà dit qu'ils ne viendraient plus », prévient M. Fargeas.
« Ici, c'est un peu un îlot populo au milieu des bobos ». Neuf mois déjà que Pascal a emménagé dans son T2 de 50 m2, dans l'un des immeubles du programme « Habiter les quais », juste à côté du palais de justice. Un ensemble de 72 logements répartis dans quatre petites tours et quatre maisons de ville. À l'avant, trois immeubles de grand standing habités par des propriétaires, avec vue imprenable sur la Loire. À l'arrière, donnant sur les anciennes halles Alstom, un bâtiment de quatre étages abritant 18 logements sociaux, géré par Nantes Habitat, l'office HLM de la Ville.
Mixité sociale ? À voir
Entre les « proprios » et le « populo », une terrasse aménagée en jardin. Tout un monde. « Dans l'immeuble, on se connaît tous, l'ambiance est très bonne. En mai, on a organisé une fête des voisins, c'était super, raconte Pascal. Par contre, il y a une vraie coupure avec ceux d'à côté. Le seul endroit où on se croise, c'est le garage. Et ça se limite à bonjour bonsoir ». Alain, son voisin de palier, confirme : « On s'ignore ».
Ici, tout le monde a entendu parler du propriétaire d'un duplex qui a fait aménager une piscine dans son salon. « C'est sans doute ça, la mixité sociale », rigole Pascal, qui paye 350 €/mois pour habiter « dans un des immeubles les plus classes de Nantes Habitat ».
L'île de Nantes ? Cool
Mis à part cette absence de relations avec les voisins bobos et quelques problèmes de finition dans les logements, tous les occupants de l'immeuble sont ravis. « L'île de Nantes, c'est royal, explique Pascal. Le soir, il n'y a pas un bruit. On est à deux minutes à vélo du centre-ville par la passerelle Schoelcher. C'est vraiment cool ».
Avant de venir habiter là, Alain et sa famille vivaient dans le quartier Malakoff. Comme lui, sa femme et ses deux jeunes enfants apprécient le changement. « Ici, il n'y a pas de problème de voisinage, on se sent en sécurité et on est en plein centre ».
Le Hangar ? Trop cher
Seule petite ombre au tableau : « Ça manque de commerces de proximité et l'école est un peu loin », souligne Alain. Pour les grosses courses, il alterne entre Lidl, Leclerc Atout Sud ou Carrefour Beaulieu.Pour les sorties, Pascal préfère les bistrots du centre-ville aux bars branchés du Hangar à bananes : « Je n'y suis allé qu'une fois. J'ai pas le budget ».
Côté négatif, il y a aussi les nuisances liées aux chantiers alentour et le béton brut des façades, pas très folichon. « Mais globalement, on a une chance incroyable d'habiter ici », reconnaît Pascal. Acheter ? Il n'y pense même pas. Dans l'immeuble voisin, le « DY 25 », un T3 est à vendre. Pour 370 000 €...
C'est le plus grand chantier jamais engagé à Nantes. Un pari fou que celui lancé en 2003 qui consiste à construire un million de m2 sur vingt ans et attirer à terme sur ce quartier en devenir quelque 15 000 habitants nouveaux dans 7 500 logements neufs. Et ce en jouant la carte de la mixité sociale.
« À ce jour, les opérations engagées, c'est-à-dire achevées, en travaux ou au stade de l'instruction, représentent 358 188 m2 dont 151 479 m2 réservés à l'habitat, soit 2 281 logements », note Laurent Théry, directeur de la Samoa, la société d'économie mixte chargée de l'aménagement de l'île de Nantes.
Une moyenne de 3 200 € le m2
Quarante-cinq architectes, des locaux à l'exemple de Forma 6, IDEA ou Roulleau, mais aussi des pointures internationales comme Christian de Portzamparc, travaillent actuellement sur le grand chantier urbain, dont la maîtrise d'oeuvre a été confiée à l'urbaniste architecte Alexandre Chemetoff. Et ici, le marché de l'immobilier se porte bien, même si les promoteurs, également en nombre sur le site, notent un allongement du temps de vente. « Mais aucune opération n'a été remise en cause ».
Ici, il faut compter 3 200 € le prix moyen du m2. « La fourchette va de 2 500 €, comme pour l'opération Marie-Galante, rue de La Tour-d'Auvergne, livrée en novembre 2006 et qui s'est très bien vendue, à 3 700 €, mais là c'est plus difficile ». L'ancien connaît également une hausse. En 2005, le prix moyen du m2 était de l'ordre de 1 898 €, en 2007 il était de 2 116 €.
Pas que des bobos
Les nouveaux programmes haut de gamme attirent essentiellement une clientèle bobo, ce qui, aux yeux de l'aménageur, n'est pas une tare. D'autant que selon Laurent Théry, le logement social a la part belle. « 54,5 % des logements neufs sont en accession à la propriété. Tout le reste relève du logement social ». Soit 45,5 % qui comprennent des logements locatifs sociaux (23 %), des logements dits abordables (22,5 %) en accession (14,5 % en PLS et 3 % en accession sociale) comme en locatifs intermédiaires (5 %). Le groupe SNI a ainsi lancé un gros programme côté Beaulieu, sur un ancien terrain du ministère de la Défense qui avait projeté il y a quelques années d'y construire la nouvelle gendarmerie de Nantes. Trois cent vingt logements en locatifs et en accession devraient être livrés en 2010.
Les opérations sont plus ou moins importantes et s'accompagnent également régulièrement de création de commerces de proximité.
C'est le cas rue de la Petite-Biesse, dans le secteur République-Les Ponts, où Nantes Habitat, l'office HLM de la Ville de Nantes, construit un immeuble de 12 appartements avec une boulangerie au rez-de-chaussée.
Les travaux ont débuté il y a peu de temps, et la charpente métallique de la maison de l’avocat prend forme tout doucement.
Architecture moderne, matériaux nouveaux et lumineux, le bâtiment change radicalement. Jusqu’à maintenant située près de la place Aristide-Briand, dans une bâtisse du XVIIIe siècle, la Maison de l’avocat devra attendre le mois d’avril 2009 pour déménager dans ses nouveaux locaux.
« L’Île, lieu de fabuleuses énergies »
Si le choix de l’implantation du bâtiment a été l’Île de Nantes, c’est bien entendu avant tout pour un côté pratique, puisque la maison de l’avocat sera située non loin du palais de justice.
Toutefois ce n’est pas l’unique raison. « L’Île est l’endroit de fabuleuses énergies chargées d’histoire et de modernité à la fois » explique le bâtonnier du barreau de Nantes, Catherine Lesage.
Et la modernité, la Maison de l’avocat y tient. De nombreuses salles dotées d’équipements de hautes technologies seront ouvertes pour tous les avocats de la ville. Ils sont actuellement plus de 600 à Nantes et il est difficile pour eux d’avoir accès à de vastes salles équipées d’ordinateurs dans les locaux de la rue Harrouys.
Une maison ouverte au public
C’est aussi pour remédier à ce problème que la Maison de l’avocat a choisi de s’agrandir. « Le lieu sera également ouvert et visible pour le grand public. Il sera plus facile de s’y rendre, car il faut bien l’avouer, à l’heure actuelle, les personnes se déplacent uniquement parce qu’elles en éprouvent la nécessité » ajoute Me Lesage.
Pour les employés de la Maison de l’avocat, des services supplémentaires seront proposés, car la volonté première de ce nouvel endroit est avant tout de créer un vrai lieu de vie. Une crèche pouvant accueillir une quinzaine d’enfants sera installée au cinquième étage de l’immeuble.
« Rendre ce lieu vivant »
Les employés pourront également se restaurer et des expositions seront accueillies du nouveau bâtiment. « Il est très important pour nous de rendre ce lieu vivant et également de mettre à disposition des outils techniques pour nos confrères. »
Le but de l’opération est également de s’intégrer dans la vie de la ville. « Ce déménagement n’est pas qu’un simple transfert. Nous avons à cœur de participer à l’ambition de la ville et d’anticiper ce que pourra être l’Île d’ici quelques années », souligne le bâtonnier Lesage.
Pour cette nouvelle Maison de l’avocat, les mots d’ordre seront modernité, technologies, mais surtout lieu de vie.
50 millions d'euros d'investissement, répartis entre le propriétaire, les bailleurs et les occupants. 7 700 m2 supplémentaires et une offre de 120 enseignes.
Une architecture résolument moderne, aux couleurs vives. Après 18 mois de travaux, le centre commercial Beaulieu a retrouvé une place de choix dans le paysage du commerce nantais où il est apparu en 1975.
30 % de plus sur les chiffres d'affaires
S'il est encore difficile de quantifier l'augmentation du nombre de clients, l'étude des chiffres d'affaires des boutiques est révélateur. « La galerie a ouvert en mars dernier. Aujourd'hui, l'évolution moyenne des chiffres d'affaire, pour les commerces qui existaient auparavant, est de 30 % » constate André Le Bars, directeur du centre commercial. Quant aux nouveaux venus, à l'exemple de H & M, Véro Moda ou Victor et Léo, s'ils restent discrets sur leurs résultats, ils affichent une réelle satisfaction. « En terme d'offres, nous sommes devenus le référent pour la mode et le choix ».
Autre outil de mesure : l'observation des plaques d'immatriculation sur le parking. « Nous constatons avec bonheur le retour des plaques 85. C'était l'un de nos objectifs affichés ». Le BusWay participe également au renouveau du centre que son directeur considère comme partie intégrante du traitement commercial du centre-ville. « Aujourd'hui, l'Île de Nantes c'est le centre-ville. Personnellement, quand je dois me rendre dans le centre, je prends le BusWay et j'y suis en 3 minutes ».
Parking payant à partir de septembre
Arrivé il y a une quinzaine de jours à la tête de l'hypermarché Carrefour, Jacky Le Commandeur est un homme heureux.
Le magasin a été entièrement repensé, avec des allées plus larges, de nouveaux produits et des têtes de gondoles plus basses pour élargir le champ visuel des clients. « Les aménagements ont eu un effet réel sur la fréquentation du magasin. Nous enregistrons une hausse importante de notre clientèle ».
Seul bémol, le stationnement qui à la rentrée de septembre deviendra payant, pour lutter contre les voitures ventouses, c'est-à-dire les automobilistes qui laissent leurs véhicules la journée et poursuivre leur route jusqu'au centre-ville en BusWay. « Plutôt que de parler de parking payant, nous préférons le terme de parking sous surveillance. De fait, le stationnement ne sera payant qu'au bout de 3 heures. Or, nous avons réalisé une étude qui montre que nos clients mettent en moyenne 1 heure 30 à 2 heures pour faire leurs courses ». CQFD.
Le Cargo ? Déjà pris par un pensionnaire du Hangar à bananes. Le Belvédère ? La Passerelle ? « Pourquoi pas ? ». L'architecte nantais Olivier Flahault cherche encore un nom pour le bâtiment flottant sur la Loire qu'il a conçu et qui devrait être opérationnel d'ici fin 2009. Pour le reste, tout a été échafaudé dans les moindres détails.
Plus de 3 000 m2 dont 1 200 m2 de terrasses
L'édifice flottera sur le fleuve entre le pont Anne-de-Bretagne et le ponton posé au pied de la grue Titan jaune. Il mesurera 60 mètres de long, 17 de large et 9 de haut. Il disposera de trois ponts de taille équivalente et d'un ponton d'amarrage pour les bateaux. Sa superficie totale dépassera les 3 000 m2, dont plus de 1 200 m2 de terrasses avec vue imprenable sur le quai de la Fosse.
Cette île miniature sera reliée à l'esplanade de la grande île de Nantes où se promène l'Éléphant par trois passerelles de 16 mètres. « Ce sera une prolongation sur l'eau de ce qu'Alexandre Chemetoff a fait sur terre », précise Olivier Flahault. De nombreux contacts ont eu lieu entre les deux architectes.
Un bar et un restaurant
Le public accèdera directement au vaisseau par le pont supérieur, qui sera scindé en deux parties. La première, ouverte à tous, fera office de point de vue sur Nantes. La seconde, occupée par un bar, disposera d'une terrasse de près de 300 m2 avec un toit amovible selon l'humeur de la météo.
Le pont du milieu accueillera un restaurant et quelques salons privés pour des réunions de travail. Le bar et cet espace de restauration seront gérés par Brigitte et Georges Kersulec, déjà propriétaires de trois établissements tendance à La Baule : La Croisette, Le Royal Babouche et Le Café Bouillu, dont la déco intérieure est estampillée Olivier Flahault. Dans les assiettes ? « Une restauration de type brasserie de haut niveau, qui conviendra aussi bien aux familles qu'aux déjeuners d'affaires », escompte l'ordonnateur du projet.
Un bateau de 32 mètres pour des mini-croisières
Le pont inférieur abritera une partie des bureaux du cabinet d'architecture navale Flahault Design et Associés. Il hébergera surtout un espace de réception tenu par la société Yachts de Paris, spécialisée dans les croisières haut de gamme sur la Seine. Son président est d'ailleurs partie prenante du projet depuis ses origines, il y a bientôt deux ans.
L'entreprise proposera des mini-croisières sur l'estuaire, mais aussi en mer. Elles se feront à bord d'un bateau de 32 mètres dont l'acquisition est en cours. Le navire sera amarré à même la barge. « Ce bateau sera un magnifique trait d'union entre Nantes et Saint-Nazaire, avec la possibilité d'aller jusqu'à La Baule ou Belle-Ile », fait savoir Olivier Flahault.
« Ça n'existe pas en France ! »
Le ponton autorisera l'arrimage de plusieurs navires lors de manifestations nautiques en Loire. « Et si le Belem veut venir, il sera le bienvenu ! », rêve déjà tout haut l'architecte au pied et à l'esprit marins.
« Une surface aussi grande et accessible à tous au milieu de l'eau, ça n'existe pas en France !, s'enthousiasme-t-il. C'est un lieu unique ». Sans doute. Même si pour le nom, il faudra trouver autre chose.
Jérôme Jolivet
Avec 24 boutiques et restaurants supplémentaires, soit 8 000 m2 de surface en plus, 600 nouvelles places de parkings et l'équivalent de 183 emplois créés à temps plein, Beaulieu est une réussite pour la ville de Nantes.
Une rénovation nécessaire
Un mois après l'ouverture au public de la nouvelle aile de la galerie commerciale du centre Beaulieu, le député-maire Jean-Marc Ayrault a inauguré officiellement les lieux.
Entouré d'une quarantaine de personnes, élus et invités, le maire de Nantes a parcouru le centre de long en large, sans oublier les parkings, saluant au passage les badauds étonnés de sa présence.
Jean- Marc Ayrault a comparé ce nouveau Beaulieu « au passage Pommeraye contemporain ». Cette rénovation du centre commercial était selon lui nécessaire face à l'importance que prend la ville de Nantes dans le paysage français.
« Nantes est aujoud'hui une grande métropole et c'est pour ça qu'il fallait agir ». Il a donc félicité toute l'équipe qui a conçu le projet et a surtout insisté sur le rapprochement de Beaulieu avec le centre ville.
Les nouvelles rues de l'îlede Nantes
«C'est une réalisation magnifique et c'est maintenant un centre commercial en ville, pas dans le centre centre, mais il n'est plus excentré maintenant grâce au BusWay . Tous les lieux de Nantes sont maintenant liés et les distances raccourcies ».Le maire a conclu sur une note positive avant de profiter du buffet proposé. « Je suis très heureux d'être là ce soir et fier de ce chantier exemplaire. Les allées de la galerie sont devenues comme les nouvelles rues de l'île de Nantes ».
« Faire de l'école un vaste terrain d'expérimentation pour les élèves et les enseignants ». C'est avec cet objectif que l'agence Lacaton & Vassal, en charge de la réalisation du projet, a voulu concevoir la nouvelle école d'architecture de Nantes. Le résultat final proposera une construction moderne et évolutive, adaptable au gré des projets étudiants.
Le bâtiment remplacera la précédente école, construite en 1975 à la périphérie de la ville.
Les travaux s'inscrivent dans le cadre du programme national du ministère de la Culture pour la modernisation des écoles d'architecture.
« Au coeur de la ville »
Situé près du nouveau palais de justice, quai François-Mitterand, l'édifice se situera « au coeur des transformations urbaines ». Un atout majeur selon le directeur de l'école, Philippe Bataille. « C'est important que les étudiants puissent concrètement observer la richesse des différentes formes architecturales que propose la ville de Nantes ».
Débutés en novembre 2006, les travaux avaient été retardés en début d'année par les intempéries (gel puis abondantes pluies). Néanmoins, la structure sera opérationnelle en octobre prochain pour accueillir plus de 900 étudiants.
Un parking au premier étage
Sur une surface totale de 26 000 m², l'école sera composée de trois niveaux, divisés en plusieurs étages.
Le rez-de-chaussée servira d'espace d'accueil et de rencontre pour les étudiants et les visiteurs avec notamment la création d'une galerie d'exposition. Le niveau 2 sera consacré aux studios de production et aux salles de cours. Enfin, le dernier niveau proposera une esplanade extérieure. Une rampe assurera l'accès à tous les niveaux et étages de l'établissement.
L'une des originalités du projet est l'insertion d'un parking au premier étage du bâtiment. « Un parking souterrain nous aurait contraints à des travaux très complexes notamment à cause de la Loire, située juste à côté de l'école » confie Florian de Pous, chef de projet à l'agence Lacaton-Vassal.
Tout proche de l'école, un deuxième bâtiment accueillera les services administratifs et de recherche. Construit entièrement en acier, il sera relié au bâtiment principal par une passerelle.
Un chantier de 26 millions d'euros
Sous maîtrise d'ouvrage de l'EMOC (Etablissement public de maîtrise d'ouvrage des travaux culturels), mandataire de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles), l'opération s'élève au total à 26 millions d'euros. Les collectivités territoriales participeront au financement de ces travaux à hauteur de 6 millions d'euros repartis entre le Conseil régional, le Conseil général et la Communauté urbaine de Nantes. Le reste étant financé par le ministère de la Culture et de la Communication.
« Plus grand, plus beau ». C'est le slogan du centre commercial Beaulieu. Cet espace de près de 34 000 m2fait peau neuve depuis un an et demi. Aujourd'hui, les clients peuvent découvrir une galerie plus moderne avec de nouvelles enseignes dédiées principalement au textile, à la mode et à la restauration. Entretien avec André Le Bars, le directeur.
Combien le nouveau Beaulieu compte-t-il d'enseignes ?
« Nous aurons 119 enseignes contre 85 auparavant. Parmi les nouveautés, on peut citer Vero Moda, Nike, One Step, Puma, H & M, Chattawak, Caroll, Victor & Léo, 64 ou encore Quicksilver... La galerie va devenir une référence dans le domaine de la mode, du textile et du sportwear ».
Que reste-t-il à commercialiser ?
« Il est prévu un pôle médical de 350 m2, comprenant une dizaine de généralistes et de spécialistes. Il est en cours de commercialisation, tout comme un emplacement dédié à la restauration de 250 m2. Des contacts sont noués. Ils ont de bonnes chances d'aboutir rapidement ».
La restauration est un autre atout du nouveau Beaulieu ?
« Tout à fait. Au nord de la galerie, ce pôle-là sera totalement opérationnel d'ici trois semaines avec plusieurs nouveautés, dont une crêperie adossée à la pizzeria La Villa Medicis, le restaurant Vivre et Savourer et la brasserie Chez Fernand ».
Combien d'emplois vont être créés avec cette extension ?
« Il y a un an et demi, avant les travaux, le centre employait 600 personnes. À l'avenir, elles seront 800. Autrement dit, on aura créé 200 emplois. Ce n'est pas négligeable ».
Quel est votre objectif en terme de chiffre d'affaires ?
« On table sur 210 millions d'euros cette année, en augmentation de 35 % par rapport à celui des années précédentes. Mais plus que l'activité, c'est l'audace architecturale et l'offre commerciale élargie qui doivent rendre Beaulieu unique ! On espère avoir la plus belle rue commerçante de Nantes ou en tout cas la plus grande ! »
Et en matière de fréquentation, quelles sont vos ambitions ?
« On espère attirer entre 10 à 11 millions de visiteurs par an, contre 6 à 7 auparavant. La vocation de Beaulieu est de redevenir un centre régional accueillant aussi bien les Nantais que les Castelbriantais, les Vendéens, les Choletais, les Angevins, les Vannetais... On a perdu un peu de notre superbe lors des travaux du BusWay. Aujourd'hui, ce même BusWay constitue un atout supplémentaire. Pendant un temps, nous sommes parvenus à fidéliser une certaine clientèle mais pas à gagner d'autres clients. C'est désormais l'un des challenges à relever ».
Comment vous situez-vous par rapport au commerce de centre-ville et aux autres galeries commerciales de la périphérie nantaise ?
« On s'inscrit dans le projet de la Ville. On fait partie intégrante du centre-ville de Nantes. En BusWay, on est à deux minutes de la Duchesse Anne ! Quant à la concurrence avec les autres galeries, elle est positive. Elle crée une saine émulation. Quand un client vient de bien plus loin que la périphérie nantaise pour se rendre chez Ikea, il est aussi capable de venir à Beaulieu ».
Propos recueillis par Denis Bourdeau
Le nouveau pont, voulu par Nantes Métropole, traverserait en biais la Loire entre le boulevard Dumont d'Urville sur l'île Beaulieu et Saint-Sébastien-sur-Loire, vers la rue de la Croix Sourdeau. Mais les riverains, réunis au sein d'un collectif, s'y opposent et ont porté l'affaire devant le tribunal administratif.
« Mal ficelé et dispendieux »
Ces derniers ne contestent pas l'utilité d'un pont reliant Saint-Sébastien-sur-Loire et Nantes. Ils estiment, en revanche, que le projet présenté par la communauté urbaine est à la fois «mal ficelé et dispendieux ». « Les études préliminaires ont été faites en 2002-2003, avant la mise en place du Busway sur le pont Clemenceau. Du coup, les solutions de coordinations des transports en commun n'ont pas été prises en compte. D'autant moins que le pont, de deux fois une voie, ne devrait pas accueillir de tels transports », explique Me Bascouberge, l'avocat des requérants.
Michel Brau, le président du collectif des riverains de Loire, présent à l'audience, renchérit : « Le pont n'est pas relié à des axes importants de circulation. Il est malgré tout prévu 25 000 véhicules par jour. Imaginez les nuisances et les embouteillages que cela va occasionner ! »
Enfin, les riverains estiment « que le coût du projet est excessif (28 millions d'euros), sans doute dû aux contraintes techniques imposées par sa construction en biais. D'autres solutions, comme le doublement du pont SNCF sont possibles ». A quoi le chef de projet répond que « cette configuration a été imaginée pour créer le moins de nuisances possible ».
Pas de remise en cause de l'utilité publique
La bataille a été ardue et un peu confuse malgré les demandes du magistrat de choisir la concision. En conclusion, le président de l'audience a déclaré s'orienter vers un rejet de la requête. Toutefois, il estime que « l'ouvrage a été prévu un peu court en ce qui concerne les transports en communs ». Mais les objections évoquées ne remettraient pas en cause « l'utilité publique du projet ».
Sa décision définitive devrait être rendue dans huit jours.
Le terrain de 4 900 m2 au carrefour des boulevards Victor-Hugo et Gustave-Roch est en friche depuis plusieurs années. C'est là que se trouvaient les locaux de l'Institut départemental d'analyse et de conseil (Idac). Le Département a lancé un projet de 14 000 m2 pour accueillir les 420 personnes des services de la direction générale adjointe de la solidarité, locataire depuis 25 ans bd Louis-Barthou et la Maison départementale des personnes handicapées (actuellement en location au Forum d'Orvault). Coût de l'opération 29M€, début des travaux mi-2009, achèvement en 2011.
Huit étages habillés d'une peau métallique
« Cette opération entre dans le cadre de notre schéma directeur immobilier. Il s'agit de mettre fin à la multitude de locations réparties un peu partout à Nantes et qui nous coûtent cher. C'est aussi améliorer la fonctionnalité de nos services éloignés les uns des autres et assurer une meilleure lisibilité au public », souligne Hervé Bocher, vice-président du conseil général de Loire-Atlantique. La première opération est lancée, rue Sully, avec la réalisation tout près de l'Hôtel du Département d'un bâtiment de 8 000 m2 baptisé Sully III.
L'idée pour le programme Victor Hugo, selon les spécifications de l'Atelier de l'île de Nantes est de « ne pas constituer une forme urbaine trop massive ».
Ainsi le projet présenté par le groupement mené par Brenac et Gonzales architectes, et Berranger Vincent architectes de Nantes se décline en plusieurs volumes pour une hauteur maximum de 29 mètres et huit étages habillés d'une peau métallique aux panneaux alternant verre et aluminium.
Le bâtiment réservé à la Maison départementale des personnes handicapées sera indépendant avec sa propre entrée, tout en ayant des accès à chacun de ses étages au bâtiment principal. (L'ensemble du bâtiment sera accessible aux personnes handicapées).
Cent quarante places de stationnement sont prévues dont 110 en sous-sol. L'espace boisé classé du site est préservé et intégré. Les terrasses sont végétalisées.
Normes Haute qualité environnementale
« Nous avons choisi de donner une image correspondant à celle que l'on entend donner de l'action sociale du Département qui constitue près de 50 % de son budget : dynamique, gaie, innovante, en phase avec son temps », souligne Alain Robert, conseiller général.
Logiquement, le bâtiment doit respecter les normes Haute qualité environnementale (HQE). Il supportera des panneaux photovolataïques qui doivent couvrir 21 % de ses besoins en électricité. Il n'y aura pas de climatisation
, les bureaux bénéficiant d'un système de surventilation nocturne. Le permis de construire sera déposé en octobre prochain, pour un début des travaux au printemps 2009 et une ouverture début 2011.
E.C.