L'actu
Le livre des records est un trésor. En ce sens qu'il paraît intarissable. Chacun jugera dans quelle catégorie (anecdotique, inquiétante, tragique...) il faudra classer celui établi samedi soir par le FCN, mais il existe bel et bien.
Une double peine
Depuis que la Coupe de la Ligue se déroule sous son format actuel (1994-1995), jamais, en effet, les Canaris n'avaient réussi le « tristounet » doublé, en forme de cuillère de bois. Soit, lors d'une même saison, se faire sortir d'entrée des deux compétitions hexagonales à élimination directe (Coupe de la Ligue, donc, et Coupe de France).
Une « performance » dont les coéquipiers de l'infortuné Ricardo Faty - inconsolable suite à sa tentative ratée - se seraient volontiers passée. Alors que la bise est revenue, les voici déjà fort dépourvus, contraints de se contenter du championnat pour seul repas.
« C'est comme ça, soupire Elie Baup. On sait bien que ce type de match est super aléatoire. Tout dépend du tirage, du déroulement, etc. Il y a un côté irrationnel. » L'exemple venant de la tombola des tirs au but (3-5, samedi soir, 2-2 a.p.).
« On avait préparé cette échéance à huis clos vendredi. Seulement quelques-uns ne se sont pas sentis aptes le moment venu. »
Qui ? « Da Rocha, Poulard, Gravgaard, répond l'entraîneur. Voilà... Il en va aussi de ma responsabilité. De toute façon, l'essentiel n'est pas là. » Car l'homme a sur le coeur d'autres événements, ne se résumant pas au triple changement opéré par Franck Dumas (lire par ailleurs).
Conservation contre pénétration
« Sur les deux buts, on doit se remettre en cause, précise-t-il. Ce n'est pas normal. De surcroît, lors de la première période, nous nous sommes trop axés sur un mode de conservation et non de pénétration. Il aurait fallu aller plus de l'avant... Mais bon, c'était lié aux caractéristiques de certains joueurs. » Notamment celles du sympathique Babovic (remplacé par Bekamenga, 46e) qui n'a su s'insérer dans le schéma adopté.
« J'ai pris mes décisions à la mi-temps, commente Baup. Ce sont des choses qui se font. Je constate juste, qu'en dépit d'un gros déchet technique, nous avons par la suite perturbé Caen. Les situations furent un peu plus tranchantes. » À défaut d'être victorieuses. D'où le nouveau credo.
Boucher le trou
« J'ai toujours différencié la coupe par rapport au championnat. Le plus important, encore une fois, est de se maintenir, d'atteindre rapidement les 42 points. D'une manière générale, on doit faire preuve de beaucoup plus d'amour-propre. Notre marge est réduite (le FCN occupe la 16e place de la L1 avec 20 pts, N.D.L.R.). »
Y compris en terme de calendrier. Faute de 16e de finale, la Maison jaune va devoir songer à occuper son week-end du 24 et 25 janvier. « Nous allons tâcher de nous trouver un match amical, conclut le coach déçu. Boucher ce trou. » Normand, avanceront les facétieux...
Tant que personne ne rit jaune au soir de la 38e journée.
Etienne Kiss
V
ous connaissez mon attachement à la Coupe et là je ne passe même pas le printemps. Alors je suis très déçu, ça me fait ch... non le week-end n'est pas cool » confirmait le dernier rempart des Canaris sensiblement ébranlé par la qualification caennaise.
Battu deux fois dans le jeu par les Normands Adnane (32e) puis Savidan (105e), le gardien des Jaunes « vintage », grand amateur de poker, disposait pourtant d'un as dans sa manche, lui si rodé à faire gamberger les bluffeurs dans les tête à tête. « Une séance de penalties c'est aussi bon de la gagner que c'est difficile de la perdre et moi qui ai 36 ans, des coupes de France je ne vais plus en jouer 50 » soulignait lucidement celui dont la dernière élimination au-delà des t.a.b. remontait au 28 octobre 2003, c'était lors d'un 16e de finale de coupe de la Ligue à Gueugnon (1-1 a.p. ; 3-2 t.a.b.).
Et quant à encaisser les cinq tirs synonymes de 16es de finale pour les Bas-Normands... : « Ça fait très longtemps que je ne suis pas resté fanny pendant une séance. Disons qu'ils ont été bien tirés et on ne va pas pousser la douleur jusqu'à se flageller parce que je n'ai pas arrêté de penalty, mais j'aurais aimé aider les copains. »
« P... si on passe ce soir, on va aller loin »
Pas de réussite pour l'ex Parisien, parfaite dextérité des Caennais. Dans ces circonstances, les 8 155 spectateurs courageux pouvaient presque regretter les deux vaines égalisations dont les Nantais furent à créditer. « Quand on revient deux fois au score comme ça on se dit : Putain si on passe ce soir, on va aller loin » supputait à tort Alonzo.
Alors ne restent que certains motifs de satisfaction propres à étayer le parcours des Nantais dans la seconde partie de leur championnat: « Dieu sait que je déteste trouver partout des signes positifs, mais mentalement on a été là. À partir de la 45e on a été extrêmement consistants avec des hauts et des bas, mais on a répondu présent. »
« On aurait pris 3-0 ça marquait un vrai coup d'arrêt. Là, on perd au penalty. Il n'y a pas non plus à écrire un livre sur ce match » relativise néanmoins le joueur.
« Les entames de match, en tout cas la première demi-heure, restent notre talon d'Achille. Ça relève surtout du mental et de l'approche du match. C'est moins fréquent qu'avant, mais il faut qu'on gagne encore en régularité dans ce domaine. » De fait, le FC Nantes ne disposera plus désormais d'aucune prolongation pour se racheter d'une première mi-temps timorée.
OJL Terrien
Alonzo (5 sur 10)
S'est opposé une première fois sur une sérieuse occasion signée Gomis
(25e). Difficile de lui reprocher les buts caennais.
Tall (5)
A fait preuve de l'autorité nécessaire dans ses duels mais n'a pas donné le
change en terme offensif.
Douglão (4)
A régné dans le domaine aérien tout en montrant ses limites dans le jeu
rapide pratiqué par les attaquants caennais. Remplacé par Gravgaard
(89e).
Poulard (4)
Son placement a régulièrement fait la différence. Il s'est en revanche fait
prendre de vitesse avec Douglão sur le but de Adnane.
N'Daw (7)
A confirmé son rôle de précieux récupérateur. Il ne lui a manqué que
l'efficacité devant le but de Thébaux (53e)
Mareval (4)
Est resté prudent dans son couloir gauche dont a jailli un Ben Khalfallah
oublié, lequel a servi « Savigoal » pour le 2e but caennais
(105e).
Abdoun (7)
Est l'un des rares Canaris à s'être montré inventif au cours de cette
rencontre avec une passe décisive à la clé.
Da Rocha (5)
A réussi à insuffler sa combativité à des coéquipiers trop souvent
spectateurs en première mi-temps.
De Freitas (5)
Est resté un peu loin d'un ballon mieux exploité en seconde période. Remplacé
par Faty (104e), l'auteur d'une déviation décisive pour
Bagayoko menant le FCN à la prolongation.
Bagayoko (7)
S'est démené à la pointe de l'attaque nantaise avant d'en être tardivement
récompensé du second but nantais (112e).
Babovic (2)
Est resté aux abonnés absents durant ses 45 minutes de jeu. Remplacé à la
mi-temps par Bekamenga (7) dont l'entrée s'est révélée très vite
bénéfique comme l'a démontré son but égalisateur (79e).
OJL Terrien
« Les Nantais ont de l'avenir », clame,
à coups de panneaux quatre par trois, la municipalité en guise de carte de
voeux. Oui, concernant les administrés. Non, en coupe, pour ce qui est des
Canaris. Déjà piteusement sortis de celle qu'on qualifie de Ligue par les
modestes Cristoliens (1-0), au mois de septembre, ils ont dit adieu hier à la
Vieille Dame, malgré une saine réaction.
Douloureuse manière d'entamer l'année, le FCN n'ayant jamais été éliminé au
stade de la Beaujoire dès son entrée en lice (lire nos éditions de
vendredi). Certes, la Maison jaune, au sémillant scapulaire, pourra arguer,
à raison, que disputer un 32e de finale un 3 janvier relève du
non-sens. Que le manque de public (lire par ailleurs) n'incite pas à la
transfiguration. Sauf que le principal motif d'explication fut en ce samedi que
le Stade Malherbe a été moins maladroit que lui lors de la cruelle séance de
tirs au but et, aussi, lors des 45 minutes initiales.
Trop timide première mi-temps
Trop éloigné du porteur du ballon, en retard sur la majorité des actions, le
16e de la Ligue 1 laissa, durant toute la première mi-temps, les
Normands faire, se voyant logiquement punir par une action digne des meilleures
agapes. À l'origine : l'excellent Fahid Ben Khalfallah, dont on se demande
pourquoi il ne porte pas aujourd'hui les couleurs de la cité des ducs. À la
conclusion : le non moins intéressant Youssef Adnane, auteur d'une frappe
croisée millimétrée (32e), après s'être joué de Douglão.
Les Canaris, eux, ne se signalèrent que par une lointaine tentative d'Abdoun
(17e), pas loin d'être le meilleur des siens, pour son retour à un
rang de titulaire.
Malheureux Faty...
Pourtant, certainement rabroués par Elie Baup, ils revinrent sur le terrain
armés de meilleures attentions. Babovic, peu à son aise ayant confié son maillot
« vintage » à Bekamenga, un certain allant finit par se manifester, les lignes
caennaises se distendant, en dépit de l'entrée, inopportune à cet instant, de
Steve Savidan (54e). Quelle mouche piqua en effet Franck Dumas, pour
procéder à ses trois changements (!!!) avant même l'heure de jeu ? Résultat :
les Jaunes, soudain moins pâles, bataillèrent en Normandie. Et au bout du
compte, c'est non sans une certaine logique que lancé par Abdoun, Bekamenga
trouva la cible (79e). En avant la prolongation !
Tout ça pour quoi ? Pour voir Savidan, laissé libre de tout marquage, tromper
Alonzo, sur un service de l'indispensable Ben Khalfallah (105e).
Dommage et quelque peu immérité... Du moins, jusqu'à ce que sept minutes plus
tard, Bagayoko ne rattrape cette injustice, grâce à une offrande de Faty
(112e). Donc, tirs au but, loterie du nouvel an. Remportée par le
Stade Malherbe, « à cause » de la tentative ratée de Ricardo Faty. Imméritée,
encore...
Les Nantais n'ont désormais plus que le championnat pour trouver le sourire.
Qu'ils n'aient pas à le regretter.
Etienne Kiss
SE REMETTRE DANS LE BAIN
Le football français est ainsi fait. À peine le temps de déballer les cadeaux
et vous revoilà déjà au boulot. « Chaque année c'est le même problème,
peste Elie Baup. Il n'y a pas vraiment de coupure en hiver. Il faudrait se
décider : soit on nous donne quinze jours, pour préserver l'esprit familial des
fêtes, soit on ne coupe pas du tout. Mais là, il faudrait des stades
adaptés. »
« Cela fait partie des choses que je ne pige pas, avoue Alonzo.
Tout est fait pour que des têtes soient coupées lors des
32es. C'est pour ça que je préfère recevoir une Ligue 1
plutôt que d'aller à Montluçon... Au moins, ça nous remet dans le
bain. »
Le seul point positif de cette reprise hâtive, ne devant attirer ce soir que
10 000 intrépides. « Il faut repartir avec la tête au travail,
poursuit Baup.
C'est pour ça que je suis content de notre opposition face à Angers
(2-2, mardi après-midi à La Baule). Les esprits ont été
bousculés... »
LAVER L'AFFRONT
D'aucuns s'en souviennent encore... Le 27 septembre dernier, les Canaris
avaient reçu de la part de Caen une sévère déculottée (3-0), actée en un peu
plus d'une demi-heure, avant de voir le Centre sportif de la Jonelière tagué de
noms d'oiseaux. « J'avais éprouvé un grand sentiment d'humiliation par
rapport à cette rencontre, exprime Baup. Chacun devra s'en souvenir
samedi soir. » Quelle que soit l'équipe alignée.
« Ce sera la plus performante au moment où je le déciderai », tranche
le coach, contraint de faire sans Pierre ni Guillon (lire par ailleurs).
Si cela peut le rassurer, Steve Savidan, « bourreau » de
Barthez lors de son dernier passage par Nantes sous les couleurs de Valenciennes
(2-5, quatre buts du néo-international) devrait débuter sur le banc, l'ex-Canari
Alexis Thébeaux, tel que nous vous l'indiquions dans nos éditions d'hier,
prenant place dans le but.
PRENDRE DU PLAISIR
Rien à faire, la Coupe c'est la Coupe. « J'ai toujours adoré cette
compétition, s'illumine Alonzo, déjà double vainqueur (2004, 2006) et double
finaliste (2003, 2008) avec le PSG. Ce sont des moments à part. Quand vous
avez goûté à l'ambiance du Stade de France, excusez-moi, cela vaut vraiment le
coup de se lever le cul ! Même un 3 janvier. »
« C'est une école de la solidarité, répète Elie Baup. Tout le monde
l'aime ! Je ne peux pas vous déclarer que c'est un objectif, pas avant les
quarts de finale (sourire), mais pour les joueurs c'est un super
challenge. Ce n'est pas gratuit... » Juste, peut-être, plus délicat à
appréhender. « Il faut savoir patienter. Ne pas entrer sur le terrain en se
disant qu'il faut absolument gagner », enseigne Da Rocha, rejoint par son
entraîneur. « La gestion du match est différente. Mais, en cas de résultat
positif, la source de confiance est immédiate. »
L'idéal, en somme, pour lancer l'an neuf.
Etienne Kiss
Si le FC Nantes cherchait une première bonne résolution en ce début
d'année 2009, là voici. Depuis que le stade Louis-Fonteneau est sorti
de terre, reléguant Marcel-Saupin aux oubliettes, pas un club n'est en
effet venu s'offrir le scalp des Canaris au stade des 32es de finale. Pas un !
Deux défaites seulement
Mieux,
en vingt-quatre d'ans d'existence, la Beaujoire n'a assisté,
incroyable, qu'à deux fois la défaite des siens, chaque fois face au « serial killer » PSG - le 17 mai 1985 (0-1) puis le 20 avril 2006 (1-2).
On
pourrait rajouter l'élimination subie, toujours face à ses mêmes
Parisiens, le 28 avril 2004 en demi-finale, mais celle-ci ayant été
actée à l'issue de la séance des tirs au but (3-4, 1-1 a.p.), elle est
comptabilisée en tant que match nul. Le football a ses règles...
Ceci dit, comme avec une célèbre marque de café, il n'est point la peine d'en rajouter. Entre les Jaunes et la « Vieille Dame »,
c'est, pour synthétiser, une récente amourette, marquée par deux
moments de jouissance en 1999 et 2000 (victoire finale devant Calais
puis Sedan).
« Une saveur particulière »
« À Nantes, la Coupe a une saveur particulière, explique Elie Baup. Notre
objectif, évidemment, est de prendre le plus de points possible en
championnat, c'est l'exigence numéro un de la saison. Mais il ne faut
pas, pour autant, perdre de vue cette compétition. Elle est très
importante, notamment en terme d'état d'esprit. » Et l'entraîneur nantais de rappeler à tous l'épopée carquefolienne.
« L'exemple
vient d'en bas, du milieu amateur. De ces équipes qui arrivent à se
surpasser. On doit, d'une certaine manière, s'en inspirer. Avoir les
mêmes vertus. » Que le technicien tente d'affirmer depuis lundi à La Baule. Enfin presque...
Laissés
libres de fêter le réveillon à leur guise, ses joueurs, convoqués hier
matin à la Jonelière, ne sont repartis que dans l'après-midi vers le
littoral pour leur première séance de l'année, histoire « que tout le monde demeure concerné. »
Ou, variante, « que chacun revienne dans un état correct. » Bien que concernant certains, l'incertitude soit de mise.
Privés d'opposition amicale, mardi devant Angers, Jean-Jacques Pierre, touché aux ischio-jambiers, et Ibrahim Tall, « ménagé »
suivant la version officielle, pourraient manquer la réception demain
de Caen, qu'Ivan Klasnic est déjà assuré de regarder à la télévision.
Quant à savoir si un turnover sera adopté, mystère... « Il y a plusieurs options », lance Baup. Que cela ne vous empêche pas de passer une excellente année.
Etienne Kiss
Les fêtes sont décidément magiques. Illuminations, offrandes, cantiques... Tout semble tout nouveau, tout beau. Même en terme de football. Preuve en est : ce mardi 30 décembre 2008, les Canaris, gagnés par l'exaltation ambiante, ont inventé une nouvelle règle : la prolongation avant même le début des débats. Explications.
Mais ils sont où ?
Il est à peu près 14 h 40, hier au stade Moreau-Desfarges. Le coup d'envoi de l'opposition amicale, tel que les Canaris et la Ville de La Baule l'ont toujours indiqué, doit avoir lieu dans vingt minutes. Seulement, point de Nantais à l'horizon...
Déjà apprêtés, les Angevins commencent à fulminer, l'entraîneur Jean-Louis Garcia et le président Willy Bernard, légèrement vexés par cette « impolitesse », menaçant même de rentrer à l'hôtel sans demander leur reste.
Dans le stade, les quelque 1 500 spectateurs tuent, eux, le temps à coups de cafés, s'étonnant de ne pas voir au loin le car flanqué du blason jaune et vert. Il finira par arriver. Oui, mais à 14 h 54... Trop juste pour débuter la rencontre à l'horaire initialement fixé.
« Quiproquo », plaidera la direction du FCN, persuadée que ledit horaire se situait à 15 h 30. « Retard », rétorquera le corps arbitral, se rapportant à la convocation. Passons... Ayant conclu leur entraînement matutinal sur les coups de midi et demi, les Canaris, leur collation passée, ne pouvaient de toute façon être présents avant, et cela n'a pas empêché l'opposition de se dérouler.
« Ridicule » première mi-temps
On retiendra, côté nantais, que ni Tall (ménagé) ni Capoue (suspendu samedi face à Caen) ni Pierre (touché aux ischio-jambiers) n'y ont participé, Klasnic suivant finalement les débats depuis le banc avant de retourner en Allemagne pour ses examens.
Sur le terrain, Keserü (67e, s.p.) répondit, lui, à Vinicius (12e), Bekamenga (90e+1) égalisant durant le temps additionnel, après que Do Marcolino (81e) eut remis le SCO sur de bons rails. Une formation angevine beaucoup plus séduisante que son voisin, Elie Baup allant jusqu'à admettre que la première mi-temps des siens fut hier « ridicule ». À leur décharge, l'état de la pelouse, partiellement gelée, et le turn-over justement adopté, n'autorisaient que peu de satisfactions. Tant que cela ne prête pas à confusion, samedi soir contre Caen. En attendant, que chacun profite (avec modération) de son réveillon.
Etienne Kiss
Trois semaines après avoir affirmé au quotidien sportif croate Sportke novosti qu'il préférait « quitter le club plutôt que d'être remplaçant », Ivan Klasnic, toujours muet devant les médias français, s'est de nouveau livré cette semaine, accordant un entretien au journal allemand Die Welt. Extraits. « C'est difficile pour moi ici, parce que les Français parlent à peine l'anglais », y affirme l'international afin de justifier son manque d'efficacité et d'épanouissement, ajoutant même que « le problème est que Nantes possède beaucoup de joueurs qui ne sont pas assez bons pour jouer en Ligue 1. » Quant à Elie Baup, il reçoit le traitement suivant : « Ce serait mieux s'il modifiait son système. Je ne suis pas venu à Nantes pour m'asseoir sur le banc. »
De quoi relancer les « qu'en-dira-t-on » sur un éventuel départ lors du mercato d'hiver...
Mercato : c'est parti !
La transition est toute trouvée. Bruissant déjà de nombreuses rumeurs (lire nos éditions d'hier), le marché d'hiver des transferts s'ouvrira ce soir minuit - à l'heure où la France sablera le champagne - pour s'éteindre le samedi 31 janvier.
Il n'est jamais trop tard pour réclamer un cadeau au Père Noël. Non pas
qu'Élie Baup considère Christian Larièpe comme « l'avatar » du plus
célèbre des philanthropes, mais s'il pouvait, dans sa hotte, lui
dénicher le joueur dont il rêve, il lui en saurait fortement
reconnaissant. Un petit cadeau bonus, en sorte, après que le
responsable du recrutement nantais se sera délesté des nombreux
présents qu'il tente de distribuer à travers le monde.
Obertan, Dia, Fortuné...
« Bien sûr que je jette un coup d'oeil au marché des transferts, a avancé hier le technicien nantais lors de la reprise de l'entraînement (lire par ailleurs).
Si nous en avons la possibilité, j'aimerais améliorer le secteur
offensif. Des clubs comme Nancy ou Bordeaux cherchent, par exemple, à
alléger leur groupe. Il y a des noms... »
À commencer par celui de « Gabriel Obertan. »
Souffrant de l'extrême concurrence en vogue à Bordeaux, le jeune homme
(19 ans, 319 minutes disputées cette saison) pourrait être prêté
jusqu'en mai prochain par les Girondins et attise déjà la convoitise de
Sochaux, Grenoble et Monaco.
Autres pistes : celles menant jusqu'à « Issiar Dia ou Marc-Antoine Fortuné. » En
panne de confiance, les Nancéiens ne seraient peut-être pas contre une
cure de jouvence, le second nommé n'ayant trouvé le chemin des filets
qu'une seule fois en dix-neuf journées.
... voire Faubert
Reste que l'idéal d'Élie se situe de l'autre côté de la Manche. « Dans mon esprit, si éventuellement j'avais les moyens de récupérer quelqu'un, ma priorité irait à Julien Faubert. »
Exilé à West Ham (Angleterre), l'ancien milieu bordelais a récemment confié au quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France qu'il « n'écart [ait] pas la possibilité de revenir en France. » Oui, mais... « à Lyon ou au PSG, des clubs très attractifs. » Rien n'empêche de le convaincre. Tout comme il va falloir persuader beaucoup de Canaris d'aller voler de leurs propres ailes.
« Le but premier, je vous le répète, est d'abord de restreindre le groupe, rappelle Baup. Il y a trop de joueurs qui ne jouent pas, certains se marginalisent. Cela peut avoir des conséquences néfastes pour le groupe. »
L'ennui
est que les hommes concernés, on les comprend aisément, ne font pas
preuve d'extrême bonne volonté. Ainsi Loïc Guillon, à demi concerné, a
refusé hier l'offre de Vannes (Ligue 2).
Une nouvelle organisation
« Je les ai vus en tête à tête, reprend le coach. Ils
comprennent ma position, bien qu'ils ne soient pas d'accord. J'essaie
juste de leur expliquer que ce métier n'est valable que si l'on joue.
Leur carrière en dépend... »
Et Baup de « menacer » à court terme. « Je vais être obligé de prendre des décisions. Si rien ne bouge, l'organisation de la fin de semaine sera différente dès janvier. »
En résumé : l'homme à la casquette ne travaillera plus qu'avec les 18-20 éléments concernés par la rencontre du week-end. « Je n'ai pas d'autres solutions... », souffle-t-il.
Hélas, non.
Etienne Kiss

Les fantaisistes ou amateurs d'audacieux calembours, dignes des cabarets parisiens de seconde zone, oseront, en se tordant le « bide », que les Jaunes n'ont pas de... Baule ! Ah, ah, ah... Passons.
Mauvaise blague à part, retrouver les terrains entre deux festins, l'estomac plein et le teint encore pâteux, n'a, on vous l'accorde, rien d'enivrant. Sauf que, contrairement au salarié lambda, le footballeur professionnel n'a pour sa part ingurgité ni foie gras, ni huîtres, ni chapon. Non, non, non. Personne n'en doute... Vraiment personne.
Un seul être...
Songez, par exemple, à ces pauvres Anglo-Saxons, sur le pont dès vendredi dernier. Ou aux Sochaliens, convoqués avant-hier par un Francis Gillot sur la sellette. Comparé au leur, le sort des Canaris s'apparente finalement à un traitement de faveur. Si, si, si....
Cinq jours avant de recevoir le Stade Malherbe de Caen en 32es de finale de la Coupe de France (samedi, 21 h à la Beaujoire), Frédéric Da Rocha et ses joyeux compagnons n'ont rendez-vous « qu'aujourd'hui » à la Jonelière où les attend un entraînement matinal en forme de remise en condition, avant de se rendre sur la côte bauloise, terre loin d'être inhospitalière.
Seul (ou presque) manquera à l'appel Ivan Klasnic, excusé à cause d'un mauvais tacle reçu par le Sochalien Afolabi.
Contre le SCO demain
Au menu festif des invités dans la station balnéaire : une prise de possession des lieux dans l'après-midi, suivie dès le lendemain par un match amical contre le Angers-SCO de Jean-Louis Garcia, surprenant 5e de la Ligue 2 et invaincu depuis douze rencontres toutes compétitions confondues - si l'on excepte l'élimination aux tirs au but subie à Romorantin.
Le coup d'envoi dudit « boxing-derby » aura lieu à 15 heures pétantes (entrée gratuite) au stade Moreau-Desfarges, où les Nantais ont pris leurs quartiers ces derniers temps.
Vivement 2009
Suivra mercredi un précieux décrassage, dès potron-minet, avant que 2008 ne les quitte. Histoire de saluer douze mois faits de soulagement (montée en Ligue 1), licenciements déjà actés (Der Zakarian, Gentili), recrutement brinquebalant (Klasnic, Gravgaard, Douglão...) et recrue d'essence (effet Baup ?). Mais bon, le passé, c'est le passé.
2009, année Canaris ?
E. K.
Que Klasnic et Gravgaard n'aient plus de problèmes de santé
Le Danois, avant qu'il ne sorte de l'équipe, a joué avec une blessure au pied. Transplanté rénal, le Croate, lui, a un traitement lourd à suivre. Tous deux, à deux postes clés, doivent une revanche aux supporters.
Qu'Anthony (Mainguy) soit libéré rapidement
Le supporter nantais, en détention depuis les incidents d'avant-match au Havre (29 novembre), n'a qu'une hâte : retrouver les siens. La Brigade Loire, qui le soutient depuis le début, l'attend avec impatience.
Que les relations entre Kita et certains supporters s'apaisent
Le déplacement à Caen, suivi de tags injurieux à la Jonelière (28 sept.), a marqué une fracture entre le patron des Canaris et une frange des inconditionnels nantais. Et si tout ce petit monde se réconciliait ?
Que les fins de contrat soient renouvelés
En juin prochain, nombreux sont les formateurs du centre de formation à arriver en fin de contrat. Pêle-mêle, on peut citer Laurent Guyot, Stéphane Moreau, Samuel Fenillat... Sans oublier, côté joueurs, l'emblématique Frédéric Da Rocha. Pour leur fidélité, tous mériteraient de poursuivre encore quelque temps l'aventure.
Que les places soient moins chères
En pleine période de crise, les fidèles de la Beaujoire (abonnés compris) aimeraient bien voir le prix des places diminuer en conséquence. Quand on pense que certains ont dû débourser 38 € pour assister au dernier match face à Sochaux...
Que certains Canaris retrouvent la parole
Excepté après les matches, Aurélien Capoue et Mamadou Bagayoko, depuis un an déjà (cf. comportement extra-footballistique), boudent les médias. Et pourtant, le premier nommé, notamment, mériterait les honneurs. Le quintet Abdoun-Babovic-Klasnic-Pierre-Vainqueur doit lui aussi (re) trouver l'usage de la parole.
Que les buts soient plus nombreux
Durant cette première moitié de championnat, les 25 084 spectateurs de moyenne à la Beaujoire n'ont guère eu l'occasion de se lever pour célébrer les buts de leurs protégés. Excepté Valenciennes (2-0) et Lyon (2-1), les Canaris n'y ont jamais marqué plus d'un but. À ce jour, ils totalisent dix réalisations en neuf réceptions. À l'extérieur, ils sont restés muets à six reprises (sur dix). Pauvre...
Que le maintien se concrétise vite
Cinq fois relégable jusqu'ici, l'octuple champion de France, au jeu certes plus cohérent mais sans aucune envolée, vire à mi-parcours avec 20 points. Il lui en faut, au minimum, 40 pour se maintenir. Plus tôt il sera atteint...
Que la coupe de France égaie le quotidien
Éliminés prématurément de la coupe de la Ligue (à Créteil), les Jaune et Vert, trois fois demi-finalistes de la coupe de France lors des cinq dernières saisons, seraient bien inspirés de briller à nouveau dans cette épreuve. Histoire d'entretenir une certaine dynamique au lieu d'être au chômage technique un week-end sur trois...
J-Y. Q.
Comment Nantes a recruté ?
Pour se renforcer en vue d'aborder la Ligue 1, le FCN a fait venir sept joueurs lors de la dernière intersaison : Alonzo, Gravgaard, Klasnic, Abdoun, Douglaõ, Tall et N'Daw. Si la colonne vertébrale Gravgaard-N'Daw-Klasnic ralliait au départ - il faut bien le reconnaître - tous les suffrages, elle a vite terriblement déçu.
En fait, pour recruter, Christian Larièpe, pour près de la moitié d'entre eux, a fait signer des éléments qu'il supervisait déjà, à l'époque, pour le compte de l'OM. En soit, l'idée n'est pas mauvaise. Par contre, l'habitude de travailler en priorité avec un seul agent (Pierre Frelot associé à Etienne Mendy*) a très vraisemblablement réduit le champ d'investigations...
Pourquoi Christian Larièpe est épargné ?
Parfois controversé dans le milieu du ballon rond, l'homme, en qui Waldemar Kita - qui prend les coups et cristallise toutes les rancoeurs - a totale confiance, est un charmeur. Très bon communiquant, celui qui a fait venir l'hiver dernier le trio Babovic-Djordjevic-Faty entretient de bonnes relations avec les médias. Et il est passé maître dans l'art de retourner chaque situation à son avantage.
Par ailleurs, le successeur de l'emblématique Budzynski sait aussi, en certaines occasions, manié le bâton. Il n'avait ainsi pas du tout apprécié que l'affaire Abdoun-Babovic sorte dans nos colonnes. Devant un parterre de journalistes, le Marseillais nous l'avait d'ailleurs bien fait savoir...
Quid du mercato d'hiver ?
Avec quasiment 35 joueurs sous contrat - il aurait été bon de réduire l'effectif l'été dernier ! -, l'octuple champion de France n'a qu'une obsession : dégraisser. En termes chiffrés, Nantes doit se séparer en janvier de 5 ou 6 joueurs. Leurs noms : Keserü, Goussé, Dossevi, El Mourabet, Das Neves...
En sachant aussi qu'un départ notoire - sait-on jamais - du groupe de 20 constitué par Élie Baup ces derniers temps serait compensé par une arrivée. Et, là, on pense plus précisément au Croate Ivan Klasnic.
Transparent depuis son arrivée (2 buts en 1027 minutes !), l'ex-buteur du Werder Brême, au salaire mirifique, pourrait bien prendre la poudre d'escampette. Auquel cas le FCN pourrait alors s'attacher les services d'un joueur offensif (lire nos éditions d'hier).
Une chose est sûre : les amateurs de nouveaux visages vont être déçus cet hiver !
J-Y. Q.
(*) Ibrahim Tall, Guirane N'Daw, Djamel Abdoun et Douglaõ (dont l'agent Éric Lovey est le représentant de Pierre Frelot au Brésil).