Dernière note du blog de Karine Massonnie fin 2007 :
« Chacun, à sa mesure, peut être acteur et jouer un rôle prépondérant pour le monde ». À 38 ans, cette ancienne élève franco-canadienne du lycée baulois Grand- Air (lire ci-dessous) au large sourire, revient de très loin, son rêve accompli en poche.
Le Bostwana, la Namibie, l'Afrique du sud, Madagascar, la Russie, la Mongolie, la Chine, l'Indonésie, l'Australie, la Bolivie, l'Argentine, le Chili... Il y a désormais tant dans cette poche ! Autant de pays où cette femme épatante est partie, « à coeur ouvert », conquérir l'amitié des premiers peuples « qui vivent encore en harmonie avec l'environnement ».
Profitant d'un congé sans solde en janvier 2007, Karine a tracé son itinéraire sans avoir établi aucun contact. Une année durant, l'une après l'autre, elle a poussé les portes, apprenant sur ses limites et celles de l'homme : « Partout où j'ai voulu aller, j'ai pu ».
Tourisme actif
Pas question de consommer du tourisme. En militante, Karine l'a pratiqué version solidaire : « J'ai tout fait avec eux, fabriqué de la bouillie de maïs avec les Himbas en Namibie, chassé le bétail et cueilli des racines avec les chasseurs cueilleurs bushmens du désert du Kalahari... Grâce à l'expression corporelle, nous avons établi une vraie complicité ».
L'argent, le problème
Elle raconte une planète et des peuples en danger : « À des degrés différents, ils ont tous été plus ou moins touchés par la modernité et l'argent. D'ailleurs, l'agressivité apparaît surtout au contact de l'argent ». Chez les Himbas, par exemple, peuple ancestral de Namibie qui vit encore du troc et du bétail, « l'argent est perçu comme quelque chose de malsain, de colonialiste ». Il va de pair avec les persécutions infligées par Blancs. Certains n'avaient même jamais vu de Blancs avant Karine... L'échange des rôles n'a pas laissé la Bauloise indifférente, qui affirme paradoxalement s'être toujours sentie plus en danger dans les villes qu'avec les peuplades primaires.
Expérience inédite
De cette année 2007, elle rapporte de l'émotion plus que de raison. « J'en ai pris plein les yeux. J'y allais vraiment dans une démarche de partage et ils m'ont énormément appris. L'idée du temps par exemple, la plupart ne comprennent pas pourquoi on ne l'a pas. Le temps, il est là, il se dilate si l'on veut ! » Karine a mis un long moment à se remettre en phase avec la modernité en arrivant à Nantes. « Il faisait froid, j'avais l'impression que tout le monde tirait la tronche... »
La digestion passée, elle s'est installée à Guérande « au pied de la Brière » où elle a rédigé un livre souvenir aux photos superbes, Des racines et des hommes. Son projet, c'est à présent de lancer des veillées chez l'habitant ou ailleurs pour partager son récit de globe-trotteuse en diaporama. Après pareil périple, quel rêve nourrir encore ? Celui d'apprendre l'ethnologie, « pour que ces peuples ne tombent pas dans l'oubli ».
Lucie Beaupérin
Pour organiser une projection avec Karine Massonnie ou acheter son livre, « Des Racines et des hommes », contact : kmassonnie@gmail.com ou 06 63 14 60 28.